> Chronologie

Eléments de chronologie des développements magnétographiques à Belfort (compilation JJ Eltgen, 2010) :

Date Evénement Commentaires
Début des années ’70 Lancement de l’imprimante à impact PR71, conçue et fabriquée à Belfort.

Sa vitesse d’impression de 1600 lpm (lignes par minute) ramène BULL à l’état de l’art mais confirme la nécessité de passer à une technologie sans impact (NIP) !

Technologie originale de support porte-caractère souple (bande ou « belt »). Cette bande restera pour BULL le composant de base de ses dernières imprimantes impact à venir, qui seront des optimisations à vitesse plus lente.
1973 Mise en place d’une cellule de veille technologique NIP à la direction Product Planning de Belfort Suivi de la concurrence. Analyse a priori des « plus » et les « moins » des technologies non-impact émergentes : bibliographie, annonces de presse, brevets…
  Le procédé magnétique part favori du fait de l’expertise déjà disponible en interne (stockage magnétique d’information) Les autres technologies candidates : électrostatique, électrolytique, thermique, électrophotographie, jet d’encre…
1974 Achat d’une imprimante magnétique de la concurrence pour évaluation par le service Etudes avancées (3 à 4 personnes) de la direction Etudes de Belfort. La DI-180 est, à cette époque, la seule imprimante magnétique disponible sur le marché. Elle utilise des composants magnétiques directement issus des technologies de mémoires de masse (rubans, disques magnétiques). Impression sérielle limitée à 180 lignes par minute.
1975 Tentatives d’adaptation (infructueuses) des approches DI-180 à des vitesses plus élevées. Réalisation de maquettes à bande magnétique large. Essais de têtes d’écriture intégrées empruntées aux disques. Premières investigations en matière de « toner » (encre en poudre).
1976 Renforcement de l’effort de recherche par création d’une division dédiée Technologies NIP au sein de la direction Etudes de Belfort. L’effectif mobilisé passe de 5 à 20 ingénieurs et techniciens.
1977 Les choix technologiques sont entièrement revisités, dans le but d’apporter des solutions adaptées aux problèmes spécifiques de l’impression rapide. Les principaux défis :

– durée de vie du medium d’imagerie (million de pages);

– têtes d’écriture parallèles à forte densité d’implantation transversale (plusieurs milliers);

– technique d’encrage rapide;

mais aussi :

– procédés de fabrication média, têtes et encres

  Ruptures dans les approches techniques : les approches retenues sont diamétralement opposées à celles de la DI-180. Il y a également rupture totale par rapport aux approches des mémoires de masse (rubans et disques).

Nota : les débats internes avec les experts des disques magnétiques conduisent à une prise de conscience que NIP et disques sont des mondes différents !

Les solutions retenues :

– Medium : tambour rigide (vs bande souple); couche d’enregistrement épaisse (vs couche mince)

– Enregistrement : vertical (vs planaire);

– Toner : pré-aimanté type « dur » (vs type « doux » aimantable).

1978 Définition des spécifications des futurs  produits commerciaux :

– impression sur papier en continu (paravents);

– vitesse d’impression 6000 lignes par minute;

– densité 120 dpi (points par pouce) pour le premier produit, dit Programme A, destiné à être suivi par un Programme B de densité double 240 dpi.

Le nom commercial anticipé pour le futur produit est resté assez fluctuant à cette époque : MP60, puis MP6000, enfin MP6090…

De fait, les partenaires commerciaux ont très vite adopté le nom de code du projet utilisé par les ingénieurs R&D : « Mathilde ». Ce nom sera aussi, par la suite, celui repris par la presse et restera le plus connu du grand public…

1979 Fabrication et mise au point de plusieurs prototypes études 120 dpi (nommés PEA).

Des prototypes dits « industrialisés » sont lancés dans la foulée (nommés PIA).

Les procédés de fabrication (qui ont été regroupés dans la division R&D Techno) sont progressivement définis et mis au point.

Contacts avec plusieurs fabricants de toner en Europe et aux USA pour sous-traiter la future fabrication en volume du toner. Résultats peu concluants : décision d’investir dans un atelier de production d’encre à Belfort.

1980 Coup de tonnerre : GENERAL ELECTRIC annonce l’imprimante magnétique Terminet-8000 de spécifications très voisines de BULL : 120 dpi, 8000 lpm. La technologie magnétique GE avait été présentée dès 1979 à un congrès aux USA. Son originalité principale résidait dans la tête d’écriture parallèle monobloc. Mais son medium restait une bande magnétique souple de grande largeur.

Globalement, en dehors de la tête d’écriture, les approches techniques choisies restent relativement conventionnelles et proches de celles déjà testées puis abandonnées par BUL.

  BULL riposte et dévoile, à son tour, sa technologie magnétographique, en insistant sur ses aspects novateurs et ses performances face à GE et à l’électrophotographie laser. Présentation au congrès international INTERMAG’80 à Boston, Ma.
  Abandon du programme A (120 dpi) pour accélérer le programme B (240 dpi). Cette décision est prise, non seulement pour distancer GE, mais aussi pour rejoindre l’état de l’art imposé entretemps par la concurrence électro-photographique.
1981 GE abandonne son produit Terminet-8000. Ses efforts pour adapter sa technologie à 240 dpi échouent et sont à leur tour abandonnés.
1982 Présentations privées du produit MP60 en marge de salons spécialisés :

90 ppm (pages par minute) à 240 dpi sur 14  » de largeur imprimable.

NCC’82 puis SICOB 1982 (Paris)
1983 Annonces commerciales officielles :

– pour le marché OEM, par la filiale US de Belfort (Cynthia Peripherals Corp).

– par BULL, pour son marché interne.

Nom commercial finalement retenu pour l’imprimante : MP6090

Le système d’impression autonome composé d’une MP6090, d’un dérouleur de bande et d’un mini-calculateur est annoncé sous le nom M9060

NCC’83 (Anaheim, Ca, USA), mai 1983.

SICOB (Paris), septembre 1983.

NB : par convention, les 3 derniers chiffres désignent la vitesse d’impression en ppm (090 signifie 90 ppm)

1984 Premières livraisons contrôlées des MP6090. Du fait de l’abandon de GE, et de la disparition de la DI-180, BULL est seul à proposer une imprimante magnétique. Le terme magnétographie est de plus en plus utilisé par analogie à celui de l’électrophotographie.
1985 Développement et annonce d’une version sur format papier de largeur réduite : la MP6050 offre une largeur imprimable 8,4″ (contre 14″ imprimable pour son ainée MP6090). Cette imprimante ne sera jamais réellement commercialisée.
1986 Poursuite des R&D magnétographiques.

Améliorations continues de la qualité d’impression et de la fiabilité des produits MP.

Lancement du produit MP6060 de vitesse réduite à 60 ppm mais qui incorpore les améliorations ci-dessus.

Principales améliorations :

– toner magnétique isolant (vs toner conducteur des débuts)

– dispositif de transfert sur le papier amélioré par pré-charge effet corona.

  La famille d’imprimantes magnétographiques s’agrandit :

La MP6090.2 succède à la MP6090 en incorporant les améliorations testées sur la MP6060.

1987 Développement et lancement d’une imprimante recto-verso sur feuilles séparées, la MP5050 (50 pages par minute). Face à la pression de la concurrence électrophotographique laser, qui règne dans le domaine de l’impression de pages séparées, ce produit n’a pas connu le volume de production des produits MP6xxx.
1990 Nouveau saut technologique : une presse numérique, basée sur la technologie magnétographique de BULL et capable d’imprimer à vitesse variable jusqu’à plus de 400 ppm, est annoncée sous le nom VaryPress M420. Le saut de vitesse est énorme (x5).

Certaines améliorations initialement développées pour la VaryPress sont incorporées dans une nouvelle version d’imprimante informatique, la MP6110 (110 ppm)

Développé en coopération avec un fabricant de presses d’imprimerie, un prototype est présenté à DRUPA 90 à Düsseldorf.

Le nom de code du projet était THV (Très Haute Vitesse)

1991

et la suite…

Loin de l’impression informatique traditionnelle, la ligne VaryPress connaît un vrai succès dans le monde de l’imprimerie.

Alors que le Groupe BULL filialise son activité d’impression sous le nom de NIPSON Printing Systems en 1992, le produit VaryPress et ses successeurs vont permettre de pérenniser l’activité magnétographique à Belfort.

A la fin des années 90, plusieurs milliers d’imprimantes magnétiques ont été produites, fonctionnent sur les 5 continents, et consomment plusieurs centaines de tonnes d’encre par an…

En dehors de la vitesse, la principale innovation sera alors le développement, en coopération avec des « fondeurs » de silicium, de têtes intégrées de 2ème génération offrant des densités de 480 dpi, bientôt suivie d’une 3ème génération à 600 dpi…

 

 

 

 

Période NIPSON à détailler plus tard

 
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